Le travailleur indépendant (SSII notamment) débutant son activité peut être perdu concernant la forme à adopter pour exercer celle-ci de manière optimale.

Ainsi, il peut hésiter entre créer une SASU et devenir salarié porté. La SASU est une société par actions simplifiée unipersonnelle.

Quels sont les avantages et les inconvénients de la SASU ?

Les avantages

La SASU est une forme de société assez souple, notamment en matière statutaire. Ainsi, il est relativement facile d’introduire de nouveaux actionnaires, si le volume de l’activité s’accroît ou pour faire entrer des capitaux frais.

Contrairement au gérant associé unique d’EURL, le Président de SASU n’est pas soumis aux charges sociales sur les dividendes qu’il perçoit, mais uniquement à la flat tax, prélèvement forfaitaire libératoire de 30%. Cette fiscalité “light” facilite les possibilités d’optimisation sociale et fiscale, le professionnel pouvant choisir son type de rémunération en fonction des objectifs recherchés (meilleure protection sociale ou d’avantage de liquidités).

En outre, la séparation entre le patrimoine de la société et le patrimoine de l’associé unique permet de protéger celui-ci. En effet, les créanciers professionnels ne peuvent saisir que les biens sociaux et la responsabilité de l’associé est limitée à ses apports.

Par ailleurs, la société étant soumise à l’IS, l’exploitant n’est imposé que sur les seules sommes qui sont mises à sa disposition (dividendes, rémunération ou intérêts). Si le bénéfice (imposé au taux réduit de l’IS à 15% jusqu’à 38.120 euros) reste dans la société, aucune imposition ne sera due par l’associé unique qui pourra néanmoins faire fructifier les liquidités laissées dans sa structure.

De plus, si certaines conditions sont respectées, relatives notamment à l’embauche de salariés, les souscriptions au capital d’une SAS ouvrent droit à une réduction d’impôt sur le revenu de 25%.

Enfin, le Président de la SASU est soumis au régime général de la sécurité sociale et dispose d’une meilleure protection sociale que les travailleurs non salariés (TNS), notamment en matière de retraite.

Les inconvénients

La création d’une personne morale nouvelle comporte son lot de formalités à respecter et pouvant décourager les entrepreneurs.

Il faut en effet respecter les formalités relatives à la création d’entreprise (dépôt au greffe…), déposer une liasse fiscale chaque année, prévoir un juridique annuel et des fiches de paie…

Les charges sociales pesant sur la rémunération du Président sont en outre assez élevées (80% contre 45% pour les TNS…), bien que celui-ci ne puisse bénéficier de l’assurance chômage.

Enfin, la séparation juridique entre personne physique et personne morale complexifie les flux de trésorerie. Ainsi, le dirigeant devra respecter un formalisme stricte (dépôt des comptes, prises de décisions expresses….) afin de percevoir les sommes demeurant au sein de la société.

Quels sont les avantages et les inconvénients du portage salarial?

Les avantages

Les salariés portés bénéficient à la fois des avantages du salariat (possibilité de bénéficier d’une retraite à taux plein et de l’assurance chômage, protection du droit du travail, garantie de recevoir un salaire minimum) et de l’entrepreneuriat (autonomie dans l’organisation de son travail, possibilité de trouver ses propres clients). La possibilité de bénéficier d’indemnités Pôle emploi est d’ailleurs particulièrement bienvenue lors des périodes de creux.

Contrairement aux chefs d’entreprise “classiques”, ils sont totalement débarrassés des vicissitudes administratives, comptables et juridiques puisque celles-ci sont supportées par la société de portage. Ils peuvent donc se concentrer sur leur coeur de métier.

Leur rémunération peut prendre des formes diverses (dividendes, revenus offshore, salaire), ce qui leur laisse une certaine flexibilité et une marge d’optimisation. Ainsi, une personne souhaitant une meilleure protection sociale préférera percevoir un salaire et ceux qui veulent accroître leurs disponibilités opteront pour les dividendes ou les revenus versés à l’étranger.

Les inconvénients

Contrairement à un Président de SAS, le salarié porté est obligé de se verser une rémunération minimale (dans note cas, 1.500 euros nets pour 12 jours de travail et 1.800 euros pour 15 jours), ce qui limite les possibilités d’optimisation. Par ailleurs, cette rémunération est soumise non seulement à des cotisations sociales élevées (près de 100% du salaire net), mais également au barème progressif de l’impôt sur le revenu, dont le taux maximum est de 45%.

En outre, le cadre juridique est peut être un peu complexe, car une relation triangulaire se constitue, entre le porté, la société cliente et la société de portage. Cette dernière prendra une commission qui pourra faire diminuer le chiffre d’affaires réalisé.

Enfin le salarié porté ne dispose pas d’une structure dédiée à son activité, permettant, notamment, de faire entrer de nouveaux associés. Cela peut freiner son développement.

Les éléments de choix

Le portage salarial est parfaitement adapté aux professions purement “libérales”, qui nécessitent la mise en place de moyens limités (informatique, marketing, référencement…), qui s’exercent sous forme de missions temporaires avec des périodes d’inactivité (d’où l’importance de cotiser au chômage). Ainsi, le travailleur peut se concentrer sur ses tâches souvent chronophages sans se soucier des aspects administratifs. Le chiffre d’affaires généré pourra ensuite être optimisé grâce au versement de dividendes ou de revenus off shore.

En revanche, l’entrepreneur qui compte développer son activité, en embauchant des salariés ou en faisant entrer, à terme, de nouveaux associés, pourra opter pour la SASU, qui demeure un véhicule souple offrant de nombreuses possibilités d’optimisation.